Gaga Machine

Lady Gaga et la moto, un désir de fusion organique et mécanique. De Born This Way et Judas à la Gaga Machine. De l’art ou de la Pop ?

Je ne parle jamais de religion. Ça ne sert à rien.

Mais dans le domaine de l’art, difficile d’y échapper: c’est le sujet naturel, le thème imposé pendant des siècles, la cause des transgressions et la base culturelle commune. Alors, en tant que référence culturelle, ça passe mieux.

Autant attaquer de front. On connait tous les quatre évangélistes, Jean, Luc, Marc et Matthieu. On parle aussi du cinquième Évangile, texte apocryphe attribué à Thomas. Cinq reprises pour l’histoire la plus vendue au monde.

Aujourd’hui, mes bien chères Soeurs, mes bien chers Frères, je préfère évoquer un sixième Évangile. Celui-là est en couleurs, pop et saturé. Voici donc l’Évangile selon Gaga:

Lady Gaga (Judas video, 2011)
Lady Gaga (Judas video, 2011)

Lady G. s’octroie le rôle de Madeleine, la favorite du chef, Jésus, qui roule avec une couronne d’épines en guise de bol. On imagine que la horde hurlante s’organise autour du prophète pour semer la bonne parole au fil de la route et des rencontres. Belle initiative, et bel esprit motard. Mais Gaga n’est pas à l’aise, une mèche rebelle dans les yeux, ou peut-être un fil qui dépasse à l’encolure. Elle gesticule, s’agite, et cherche au coeur de la meute à croiser le regard d’un disciple un peu plus bad-boy que son régulier, un peu mieux stylé aussi. Oui, le palpitant de la belle s’affole pour le plus vilain des seconds couteaux, le ténébreux, le scandaleux Judas (Norman Reedus de Walking Dead).

Lady Gaga and Norman Reedus (Judas video, 2011)
Lady Gaga and Norman Reedus (Judas video, 2011)

J’aime beaucoup la séquence d’introduction, Gagaloo en body violet, chargée d’une croix et de breloques dorées, lunettes en forme de coeur. Je repense à Prince et Purple Rain.

Lady Gaga (Judas video, 2011)
Lady Gaga (Judas video, 2011)

L’illustration de l’album Born This Way ? Une réussite: ses fans en ont pleuré. Comme une machine du Priest (Painkiller, 1990) fusionnée à la tête de Méduse (Clash Of The Titans, Desmond Davis, 1981).

Born This Way (Lady Gaga, 2011)
Born This Way (Lady Gaga, 2011)

Gaga_Medusa_Painkiller

Born This Way Ball (2012)
Born This Way Ball (2012)

Cette année, l’artiste reprend le concept du corps intégré à la machine, avec la Gaga Machine exposée dans l’espace qui lui est réservé chez Barneys, à New York. D’inspiration clairement Art Deco, son corps moulé devient le cadre, le support de la machine, dans une esthétique très proche du Metropolis de Fritz Lang.

Gaga Machine (Gagas Workshop at Barneys, NYC, 2016)
Gaga Machine (Gagas Workshop at Barneys, NYC, 2016)

Que l’on aime ou non, que l’on doute des intentions, le fait demeure: les créations de Lady Gaga suscitent la controverse, elles opposent, divisent, et ont le mérite de n’apparaitre jamais lisses et consensuelles. Du Pop Art sans aucun doute, avec l’acidité et les couleurs, les références permanentes, la provocation et la mélodie de la musique, le délire visuel. Une recette plutôt séduisante. Comme j’écoute en même temps que j’écris, je relance Poker Face sur le lecteur. Pas de bluff, juste un bon jeu.

Artpop (Lady Gaga, 2013)
Artpop (Lady Gaga, 2013)
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