Théo Mercier, garé au sous-sol

Radio Vinci Park, une mise en scène inquiétante, les peurs modernes et souterraines symbolisées par la moto de Théo Mercier.

Le motard, casque et blouson noir, attend dans l’ombre d’un parking souterrain. Déserté, bien sûr, tard le soir. Représentation mécanique du crime anonyme, ultime angoisse du col blanc en heures supplémentaires, du bourgeois qui s’attarde après le spectacle. Les villes modernes ont leurs légendes, des croquemitaines naturellement calqués sur les créatures maléfiques qui peuplaient les forêts de l’ancien temps. Le chevalier noir roule désormais sur une bécane bien plus menaçante que l’antique canasson pâle de Sabnock, démon de la Goétie. On repense au gang Yakusa de Black Rain, encore plus au Minos en Z1000 de Peur sur la ville.

La musique de Radio Vinci Park n’a plus rien d’apaisant, Théo Mercier démonte le plan communication de l’exploitant de parking. Non, les sous-sols bétonnés n’ont rien d’accueillant, l’inquiétude est légitime. La mauvaise rencontre inéluctable.

©Theo Mercier, Radio Vinci Park 2016
©Theo Mercier, Radio Vinci Park 2016
©Theo Mercier, Radio Vinci Park 2016
©Theo Mercier, Radio Vinci Park 2016
©Theo Mercier, Radio Vinci Park 2016
©Theo Mercier, Radio Vinci Park 2016
©Theo Mercier, Radio Vinci Park 2016
©Theo Mercier, Radio Vinci Park 2016

Inutile de camoufler le danger, la rugosité et l’implacable réalité des villes sous une couche de peinture blanche (impression de neuf avec du vieux) qui fait gentiment crisser les pneus des béhèmes néo rétro achetées à crédit (fausse vieilles toutes neuves). Les apparences ne résistent jamais à l’examen du réel. Une attaque à bon compte sur laquelle je ne fais pas l’impasse: à l’heure où le motard, à l’instar de la société qui vénère l’image aux dépens du sens, succombe trop facilement au vintage surdosé, au pseudo authentique sans cesse remis au goût du jour, je sature des modes et des tendances du moment, alors je n’écris pas ça gratuitement: je sais que la critique est facile. Mais elle est aussi essentielle. Et j’emprunte cette mission de l’artiste, la raison qui accompagne l’esthétique, l’occasion d’exposer à la vue de tous le mensonge des faux-semblants. Que l’on apprécie la forme ou non, le message persiste.

©Theo Mercier, 2012
©Theo Mercier, 2012
©Theo Mercier, 2012
©Theo Mercier, 2012
©Theo Mercier, 2012
©Theo Mercier, 2012
©Theo Mercier, Fast And Curious
©Theo Mercier, Fast And Curious
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