CO2 des carburants : quel carburant en émet le plus ?

2,6 kg de CO2 d’un côté, 2,3 kg de l’autre. Derrière ces chiffres bruts, un litre de diesel libère moins de dioxyde de carbone qu’un litre d’essence au moment où il s’embrase. Mais ce calcul simpliste ne suffit pas : les véhicules diesel avalent aussi moins de carburant pour parcourir la même distance. Sauf que la densité énergétique supérieure du diesel vient tout bouleverser dès qu’on regarde le cycle complet des émissions.

Les voitures récentes ne ressemblent plus à celles d’hier : systèmes de dépollution sophistiqués, moteurs repensés, alors que l’ancienneté des véhicules qui roulent encore pèse lourd dans la balance. Hybrides et électriques bousculent la hiérarchie établie, redistribuant les cartes. Derrière les chiffres officiels se cachent de vraies différences : selon l’usage, l’entretien ou la configuration, les émissions peuvent s’éloigner des moyennes affichées.

Essence et diesel : quelles différences en matière d’émissions de CO2 ?

Depuis des années, le duel entre essence et diesel nourrit discussions et polémiques. Au premier regard, les statistiques semblent trancher : le diesel génère environ 2,6 kg de CO2 par litre brûlé, l’essence autour de 2,3 kg. Or, la densité énergétique du diesel le rend plus performant : il permet de parcourir davantage de kilomètres pour une même quantité de carburant.

Résultat : en conditions réelles, les voitures diesel modernes consomment généralement moins que leurs équivalents essence pour la même distance. Leurs émissions de CO2 au kilomètre sont donc souvent plus basses, à condition que la technologie et l’utilisation restent comparables. Néanmoins, l’écart se réduit à mesure que les moteurs essence progressent sur le plan de l’efficacité.

Le CO2 n’est qu’un volet de l’histoire. Les moteurs essence émettent davantage de monoxyde de carbone et parfois plus de particules fines selon les circonstances, tandis que le diesel est surveillé pour ses NOx, ces oxydes d’azote nocifs pour la santé. Des réglementations toujours plus strictes contraignent les constructeurs à innover pour limiter la pollution globale de chaque véhicule.

En France, le paysage automobile s’adapte : le diesel recule dans les statistiques, l’essence regagne du terrain. Choisir un carburant n’est jamais neutre : l’usage quotidien, le kilométrage annuel, la configuration moteur, chaque détail compte et influe sur le véritable impact climatique.

Comprendre les facteurs qui font varier les émissions selon les véhicules

De nombreux paramètres, bien au-delà du simple choix d’un carburant, influencent la quantité de gaz à effet de serre émise par une voiture. D’abord, la technologie moteur : les derniers diesels, armés de filtres à particules et de dispositifs SCR contre les NOx, n’ont plus rien à voir avec les moteurs anciens sans ces outils de dépollution.

Le type de trajet façonne aussi le bilan carbone. Un diesel offre un meilleur rendement sur autoroute, à vitesse constante. En ville, c’est une autre histoire : les cycles de régénération des filtres à particules se répètent, ce qui peut alourdir les émissions. Les moteurs essence, de leur côté, voient leur efficacité varier considérablement selon la conduite, notamment lors des démarrages à froid ou par temps frais.

Les normes Euro régulent strictement les émissions polluantes autorisées. À chaque nouvelle version, les seuils sont abaissés, forçant les véhicules récents à limiter toujours plus ce qui sort de leur pot d’échappement. Pourtant, les tests en laboratoire diffèrent parfois de la réalité du terrain, comme l’ont révélé plusieurs études menées hors des circuits officiels.

Il ne s’agit pas seulement de CO2. La combustion libère aussi d’autres gaz à effet de serre, comme le protoxyde d’azote (N2O) ou le méthane. Leur poids est plus discret, mais leur influence sur le climat mérite d’être prise en compte pour saisir pleinement les enjeux des émissions automobiles.

L’impact environnemental du choix de carburant sur la planète

La sélection d’un carburant ne se joue pas uniquement devant la pompe. Chaque litre utilisé laisse une empreinte dans l’atmosphère. Dans l’Hexagone, la majorité des voitures roulent à l’essence ou au diesel, et le choix de l’un ou l’autre modifie la quantité de CO2 dispersée sur la planète.

En pratique, un véhicule essence émet en moyenne 15 à 20 % de CO2 supplémentaire par rapport à un diesel équivalent, pour une même distance. Cette différence provient de la composition chimique des carburants et du rendement moteur. Mais attention aux effets secondaires : le diesel est responsable d’émissions plus élevées de particules fines et de NOx, particulièrement problématiques dans les grandes villes.

On ne peut pas ignorer le cycle de vie complet : extraction, raffinage, transport, puis combustion finale, chaque étape ajoute sa part à l’empreinte globale. Les statistiques européennes situent les émissions moyennes des voitures neuves autour de 120 g de CO2/km, bien au-dessus des ambitions climatiques à long terme.

Les normes Euro posent des limites strictes, mais la réalité varie selon la conduite, l’entretien ou même la météo. Au final, le carburant choisi reste un levier puissant pour agir sur la pollution liée à l’automobile.

Jeune femme analysant la pollution dans un parc urbain

Vers des alternatives plus propres : pourquoi s’intéresser à l’électrique et à l’hybride ?

Les véhicules hybrides et électriques s’imposent de plus en plus dans le paysage. Face aux moteurs thermiques, leur promesse de réduction du CO2 attire. Pourtant, une analyse globale du cycle de vie invite à la nuance : la production des batteries, la provenance de l’électricité, la longévité réelle des véhicules, tout pèse dans le calcul du bilan carbone.

Pour les hybrides, l’association d’un moteur thermique et d’un moteur électrique fait la différence, surtout en ville. La récupération d’énergie lors des freinages et la propulsion électrique à basse vitesse permettent de réduire la consommation de carburant et les rejets de gaz à effet de serre. Les modèles rechargeables vont plus loin, pouvant parcourir de nombreux kilomètres sans solliciter le moteur essence ou diesel.

Les voitures électriques, sans moteur à combustion, ne diffusent aucun gaz à l’arrière du véhicule pendant qu’elles roulent. Mais il faut regarder au-delà du capot : en France, l’électricité issue majoritairement du nucléaire limite l’impact indirect, alors que dans d’autres pays, la dépendance au charbon change la donne. Les progrès des batteries et la montée des énergies renouvelables renforcent progressivement l’intérêt de l’électrique sous nos latitudes.

Faire le choix entre hybride et électrique nécessite d’évaluer son usage, la disponibilité des bornes et ses besoins en mobilité. Le débat est loin d’être clos, mais une chose est sûre : la baisse des émissions de CO2 passera, tôt ou tard, par la place grandissante de ces alternatives sur nos routes.

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